A l’œil, la robe s’appuie sur des couleurs automnales, riches, ondoyant entre des teintes bronze, vieux jaune. Celles que l’on voit dans les vignes à l’automne ou dans les bois. La aussi, il y a un ondoiement entre le brillant et le mat. La richesse des reflets vient de son maillage.
Le 1er nez conjugue à la fois concentration/ fraîcheur/générosité. Le 2ème nez, lui, laisse apparaître une multitude de senteurs fruitées/florales/végétales, au travers desquelles se dessinent en filigrane des flaveurs discrètes de rancio sec. Au premier desquelles apparaît des volutes de fumée. Ces deux expressions laissent apparaître une complexité surprenante qui va au-delà de sa vigueur.
L’attaque de grande envergure avec une sensation de chair nous envahit. Dès cet instant le développement gustatif sera accompagné par des notes de poivre. Le fruité est mûr, mais reste étonnamment frais, joue le registre de la pureté et de l’intense, donne de l’ampleur à l’ensemble. L’acidité (fraîcheur), elle, est présente, sans exubérance, elle aussi a hérité d’une fonction primordiale : elle est le vecteur de la verticalité et elle permet le maintien des arômes dans la longueur.
Les tanins sont présents, nombreux et juvéniles, ils architecturent la matière dans son horizontalité, se parent de nuances cacaotées. Ils n’en demeurent, pas moins, serrés et non dénués de finesse. L’alcool, lui, est enrobé, contribue à façonner la matière dans son paradoxe : finesse/puissance/équilibre. La résurgence de tous ces éléments confluent à la formation d’une matière qui présente, encore, un caractère janséniste, pour ne pas dire monacal. La finale est d’une longueur phénoménale où l’on mâche/croque un kaléidoscope de fruits mûrs/suaves se modifiant sans cesse à mesure qu’elle s’estompe laissant la place aux notes de terroirs (fumée, terre mouillée) qui prennent le dessus.